L’indivision est une situation juridique où plusieurs personnes, appelées indivisaires, possèdent ensemble un même bien. Cette situation peut devenir compliquée quand les relations se tendent ou que les projets divergent. Pour sortir d’une indivision, plusieurs options s’offrent à vous : le partage amiable, la vente de vos parts aux autres indivisaires, la cession à un tiers, ou en dernier recours, le partage judiciaire.

Cette situation survient souvent après une succession, lorsque plusieurs héritiers deviennent propriétaires d’un même bien. Sortir de l’indivision nécessite l’intervention d’un notaire qui rédigera l’acte de partage officiel. La loi permet également à un indivisaire de faire don de ses parts aux autres copropriétaires, une option parfois préférable pour éviter les conflits.

Le Code Civil encadre strictement les règles de sortie d’indivision pour protéger les droits de chaque partie. Si vous souhaitez vendre votre part à un tiers, sachez que les autres indivisaires bénéficient d’un droit de préemption, leur donnant priorité pour racheter votre part avant toute vente extérieure.

Points essentiels

  • L’indivision peut prendre fin par un partage amiable, une vente des parts entre indivisaires ou à un tiers, ou par voie judiciaire si aucun accord n’est possible.
  • Le notaire joue un rôle central dans la sortie d’indivision en rédigeant l’acte de partage et en veillant au respect des droits de chacun.
  • Dans le cadre d’une indivision successorale, des dispositions spécifiques du Code Civil s’appliquent pour protéger l’ensemble des héritiers.

Comprendre l’indivision

L’indivision est une situation juridique fréquente, notamment dans le cadre des successions. Elle crée des droits et obligations spécifiques entre les personnes concernées, appelées indivisaires.

Définition et fonctionnement

L’indivision est un régime juridique dans lequel plusieurs personnes (les indivisaires) sont propriétaires ensemble d’un même bien sans qu’il y ait division matérielle de leurs droits. Chaque indivisaire détient une quote-part du bien indivis, généralement exprimée en pourcentage.

Ce régime est réglementé par le Code civil, principalement aux articles 815 à 815-18. L’indivision peut résulter d’une succession, d’un achat en commun ou d’une donation.

Dans l’indivision, les décisions concernant les biens indivis suivent des règles précises :

  • Les actes de conservation peuvent être effectués par un seul indivisaire
  • Les actes d’administration requièrent l’accord des 2/3 des droits indivis
  • Les actes de disposition (vente, donation) nécessitent l’unanimité des indivisaires

Les droits et devoirs des indivisaires

Chaque coindivisaire dispose de droits précis sur les biens en indivision. Il peut utiliser le bien indivis à condition de ne pas nuire aux droits des autres. Il perçoit également les fruits et revenus du bien proportionnellement à sa quote-part.

Les indivisaires ont aussi des obligations importantes :

  • Contribuer aux charges de l’indivision proportionnellement à leurs droits
  • Respecter les décisions prises à la majorité requise
  • Ne pas disposer seul de la totalité du bien indivis

Un indivisaire peut vendre sa quote-part sans l’accord des autres, mais ceux-ci bénéficient d’un droit de préemption. Ils peuvent donc acheter cette part en priorité, aux mêmes conditions que l’acheteur potentiel.

Tout indivisaire peut demander à tout moment le partage pour sortir de l’indivision, conformément à l’article 815 du Code civil. Ce droit est imprescriptible.

La sortie de l’indivision

L’indivision est une situation temporaire qui prend fin avec le partage de la succession. Plusieurs options sont disponibles pour sortir de l’indivision, que ce soit par voie amiable ou judiciaire.

La sortie amiable

La voie amiable est souvent la solution privilégiée pour sortir de l’indivision. Les indivisaires peuvent décider ensemble de procéder à un partage amiable du patrimoine commun. Cette démarche nécessite l’accord unanime de tous les co-indivisaires.

Un indivisaire peut également vendre ses parts aux autres héritiers. Cette solution est simple et évite les complications d’un partage complet.

Il est aussi possible de vendre le bien indivis à un tiers. Le produit de la vente est alors réparti entre les indivisaires selon leurs droits respectifs.

Le recours à un notaire est vivement recommandé pour ces opérations. Il garantit la sécurité juridique du partage et établit l’acte authentique nécessaire, particulièrement pour les biens immobiliers.

La sortie judiciaire

Lorsque l’accord amiable est impossible, la voie judiciaire devient nécessaire. N’importe quel indivisaire peut demander le partage judiciaire auprès du tribunal judiciaire du lieu où se trouve le bien.

Le juge peut ordonner différentes mesures :

  • Un partage en nature si le bien est divisible
  • Une vente par licitation si le bien est indivisible (comme une maison)
  • L’attribution préférentielle à l’un des indivisaires avec indemnisation des autres

La procédure judiciaire prend généralement plus de temps et génère des frais supplémentaires (avocat, expertise). Toutefois, elle permet de débloquer des situations où les indivisaires ne parviennent pas à s’entendre.

Le tribunal tient compte des droits de chacun et des éventuelles conventions d’indivision existantes pour rendre sa décision.

Le partage des biens

Le partage des biens constitue l’étape finale pour sortir de l’indivision. Cette procédure requiert l’évaluation précise de tous les biens, puis leur répartition équitable entre les indivisaires, avec parfois des compensations financières.

Évaluation des biens

L’évaluation des biens est une étape cruciale du partage. Elle doit être réalisée à la date la plus proche du partage effectif, et non à la date du décès. Pour les biens immobiliers, il est recommandé de faire appel à un expert immobilier ou un notaire.

Cette évaluation prend en compte l’état réel des biens, leur emplacement et les conditions du marché. Pour un bien locatif, les revenus générés peuvent influencer sa valeur.

Les meubles, comptes bancaires, placements financiers et autres actifs doivent aussi être évalués avec précision. En cas de désaccord entre indivisaires sur la valeur d’un bien, le tribunal peut désigner un expert judiciaire.

Le partage en nature et attribution

Le partage en nature est privilégié par la loi française. Il consiste à attribuer directement des biens à chaque indivisaire selon leurs droits dans l’indivision.

Le patrimoine à partager est divisé en lots de valeur équivalente. Ces lots sont ensuite attribués aux indivisaires, soit par accord amiable, soit par tirage au sort si aucun accord n’est trouvé.

Certains biens peuvent être attribués préférentiellement à un indivisaire dans plusieurs cas :

  • Un bien professionnel à celui qui l’exploite
  • Le logement familial au conjoint survivant
  • Un bien à l’indivisaire qui y habite depuis longtemps

Lorsque le partage en nature est impossible (bien unique ou indivisible), la vente aux enchères ou à l’amiable devient nécessaire.

La soulte et compensations

La soulte est une somme d’argent versée pour compenser une inégalité dans le partage des biens. Elle intervient quand un indivisaire reçoit un lot d’une valeur supérieure à ses droits.

Par exemple, si un héritier souhaite conserver le bien immobilier familial dont la valeur dépasse sa part, il devra verser une soulte aux autres indivisaires.

Les modalités de paiement de la soulte peuvent être négociées : paiement immédiat, échelonné ou différé. Ces conditions doivent être clairement définies dans l’acte de partage.

D’autres compensations peuvent être nécessaires, notamment pour les fruits et revenus perçus pendant l’indivision ou pour les dépenses engagées par certains indivisaires pour l’entretien des biens.

Les procédures spécifiques à l’indivision successorale

L’indivision successorale peut nécessiter des procédures judiciaires spécifiques lorsque les héritiers ne parviennent pas à un accord amiable. Ces démarches sont encadrées par la loi pour garantir l’équité entre tous les indivisaires.

La vente aux enchères et adjudication

La vente aux enchères constitue une solution efficace pour sortir de l’indivision successorale lorsque le partage à l’amiable échoue. Cette procédure est ordonnée par le Tribunal judiciaire, généralement après une tentative de conciliation infructueuse entre les héritiers.

Le bien indivis est alors proposé au public lors d’une séance d’enchères. L’adjudication désigne l’attribution du bien au plus offrant. Cette méthode garantit une valorisation objective du bien successoral.

Les indivisaires peuvent eux-mêmes participer aux enchères s’ils souhaitent acquérir le bien. Le produit de la vente est ensuite réparti entre tous les héritiers selon leurs droits respectifs dans la succession.

La surenchère et cahier des charges

La surenchère permet à toute personne, dans un délai de 10 jours suivant l’adjudication, de proposer un prix supérieur d’au moins 10% à celui de l’adjudication initiale. Ce mécanisme vise à maximiser le prix de vente au bénéfice des héritiers.

Le cahier des charges est un document essentiel qui détaille les conditions de la vente aux enchères. Il précise notamment :

  • La description précise du bien
  • La mise à prix
  • Les modalités de paiement
  • Les obligations de l’acquéreur

Ce document est établi par l’avocat en charge de la procédure ou par le notaire. Tous les héritiers peuvent le consulter avant la vente pour s’assurer que leurs intérêts sont préservés dans cette procédure judiciaire de sortie d’indivision.

Article mis à jour mars 2025